Marcel Dépraz (1874 - 1946)
A 25 ans, il est chef d'atelier à la fabrique d'horlogerie de Montillier près de Morat et décide de rentrer dans son village natal au Lieu pour diriger la fabrication des montres compliquées au Vieux-Moutier. Poste qu'il quitte peu de temps après pour s'installer à son compte pour remonter des mécanismes en janvier 1901. Quelques mois plus tard il obtient une médaille d’or à l’Exposition Cantonale Vaudoise.
En 1911, il fonde avec son beau-frère une seconde entité, Dépraz et Guignard.
En 1937, Marcel Dépraz est rejoint par son beau-fils Reynold Dubois horloger qualifié et expérimenté. La même année lancement d'un calibre chrono 13 3⁄4''' Landeron 48. il s'en produira plus de 3,5 millions de mécanismes.
Après le décès de Marcel Dubois en 1946 les générations suivantes donneront un essor extraordinaire à l'entreprise en développant et fabricant une large variété de produit allant des affichages à secteur, chronographe de bord, calendrier à guichet , perpétuel, etc.
Dubois Reynold (1901 - 1977)
Reynold Dubois, son fils Gérald et ses descendants sont les éléments moteur du développement de l'entreprise Dubois Dépraz au Lieu.
Texte tiré du site :
Nous reprenons le texte lu par Roger Falquet lors du 75e de l’entreprise
Dubois-Dépraz du Lieu :
En 1923, c’est le grand départ pour Paris où je vais travailler chez Jaeger-Le Coultre, envoyé par la Fabrique Le Coultre du Sentier, en compagnie d’une bonne douzaine de Combiers.
M. Reynold Dubois, quant à lui, se trouvait à Milan où il avait été chargé par M. Jacques-David Le Coultre de créer un atelier pour les réparations de montres et compteurs pour automobiles.
Choisir pour cette tâche aussi importante un jeune homme de 23 ans, c’était faire confiance à ses qualités de technicien et d’organisateur bien affirmés.
D’emblée il se montre à la hauteur d’une tâche qui n’était pas facile, surtout lorsqu’on ne connaît pas la langue.
Si mois plus tard, M. Jacques-David Le Coultre le transférera à Paris pour remettre sur les rails un atelier mal dirigé, précisément celui dans lequel je travaille. Là, pendant cinq ans, nous nous côtoyons, aussi bien dans la vie de
l’atelier que dans celle, plus nocturne, de la capitale.
Pendant cette période, il me fait part à plusieurs reprises de son désir d’avoir une entreprise à lui, et si possible au Pont, dans ce village qui lui plaisait.
L’année 1928 nous voit de retour en Suisse, toujours dans la fabrique Le Coultre, M. Reymond Dubois chef d’un grand atelier, et moi dans un autre département comme acheveur d’échappement. Les premières conditions de réalisation du projet qu’il caressait commencent à se manifester le jour où son beau-père, M. Marcel Dépraz, lui suggéra de s’établir à la tête d’un atelier de remontage de chronographes, en lui cédant un client du Jura bernois, en
l’occurrence la fabrique Minerva de Villeret.
M. Dubois donne alors congé chez Le Coultre et s’installe aux Bioux, avec quelques ouvriers engagés sur place. Comme il lui fallait encore du personnel, et que ce travail m’intéressait, je quitte également Le Sentier pour les Bioux, où je travaille à nouveau sous les ordres de mon ancien chef.
Dans cet atelier, la vie des 5 ou 6 ouvriers est très agréable ; malheureusement la crise horlogère de 1929 commence à faire durement sentir ses effets. C’est souvent, le regard anxieux, que nous guettions, à travers les fenêtres, l’arrivée du facteur, porteur peut-être de cartons de chronos à remonter.
Par comble de malheur, le propriétaire choisit justement cette période pour imposer une augmentation de loyer à M. Dubois. Celui-ci ne l’entend pas de cette oreille. Je l’avais informé que l’administration du village du Pont offrait
des facilités à tout industriel venant s’établir au bout du lac, et notamment à un atelier. Il résilie son bail et transfère le tout dans l’immeuble Décoppet. En 1943 cet atelier sera transféré dans l’ancienne fabrique Numa Rochat, bâtiment
que M. Dubois venait d’acheter. Cela n’a, hélas aucune influence sur la conjoncture économique en général, si bien que, malgré tout, le nouvel atelier doit suspendre son activité à certaines époques. Pour beaucoup d’entre nous,
les années 1930 à 1934 seront dures. Il faut travailler sur les chantiers, dans les forêts, sur les routes, bref saisir toutes les occasions qui se présentent. Si l’estomac des familles y trouve son compte, les mains de l’ouvrier perdent
l’habitude de manier les brucelles !
Dès 1935, une reprise s’amorce qui va crescendo jusqu’en 1937, année de l'avènement du calibre 24/125 qu’équipait les avions allemands.
Cette même année voit malheureusement s’éteindre M. Eugène-Marcel, fils de M. Marcel Dépraz, et frère de Mme Gabrielle Dubois et de M. Roger Dépraz.
M. Reynold Dubois doit alors quitter Le Pont pour assurer certaines tâches en remplacement de son beau-frère. C’est l’avant-dernière étape sur la route qui va le conduire au poste de co-directeur de l’usine du Lieu avec son beau-frère, M. Roger Dépraz.
Bien heureusement pour nous, gens du Pont, ces nouvelles responsabilités ne l’ont pas empêché de consacrer une partie de son énergie au maintien de l’atelier que tout le monde appelait, et appelle encore, atelier Dubois.
Aujourd’hui, en tant que citoyen du Pont, je tiens à remercier M. Dubois pour l’apport économique important que l’activité de son atelier d’une dizaine d’ouvriers à représenté pour nous, gens du Pont, pendant quarante-cinq ans.
Pourtant, dès la fin de l’année 1975, pour diverses raisons, telles que crise économique et rationalisation dans le travail, cet atelier est fermé. Son existence se poursuit néanmoins au sein de l’usine Dubois Dépraz sous la forme d’une section de remontage de chronographes.
C’est le 14 août 1930 que le Conseil du village du Pont ratifie une convention avec Marcel Dépraz et Reynold Dubois, par laquelle le village met à leur disposition un atelier dans le but de faciliter l’établissement d’industries. Les frais d’installation et la location sont à la charge du village. Les locataires s’engagent toutefois à rembourser la moitié de la location mensuelle, soit Fr. 12.50 chaque mois !
Dès l’année 1937, Reynold Dubois, tout en gardant son atelier au Pont, s’intègre dans l’usine du Lieu, seconde son beau-père dans la création et le montage de ses produits. Il s’initie aussi à la partie administrative, alors que son beau-frère Roger Dépraz dirige de plus en plus la fabrication de l’atelier que conduit Marius Guignard. Jules-Max Rochat, dit Julot, est nommé responsable de l’atelier du Pont. Entré le 1er février 1923 chez Marcel
Dépraz, puis à l’atelier du Pont, il prend sa retraite le 28 février 1975 après cinquante-trois ans de fidélité et de loyaux services dans les deux maisons.
Le travail de l’atelier consistait en assemblages de mécanismes de chronographes et mécanismes horlogers compliqués sur mouvements marchants pour des marques horlogères diverses : Guinand Watch Les Brenets, Minerva, Villeret. Puis par la suite le nombre des maisons progressa, dont beaucoup déjà clientes de Marcel Dépraz du Lieu (aujourd’hui Dubois-Dépraz), créateur et fabricant de mécanismes compliqués. On procédait aussi à la finition manuelle de différentes pièces constituant les différents calibres et chronographes fabriqués au Lieu.
Texte tiré du site : http://www.patrimoinevalleedejoux.ch/docs/Atelier_Reynold_Dubois_au_Pont.pdf