Elle fut créée en août 1864 sous le nom de NWC National Watch Compagny. Ce n'est qu'en 1874 que la société prit son nom de "Elgin National Watch Company” puis de Elgin National Industries en 1960. Cette immense manufacture américaine, l'une des plus productives, fut imaginée par d'anciens associés de la Waltham Watch C° et un industriel horloger répondant au nom de JC Adams. Ce dernier prit contact avec Benjamin Wright Raymond ancien maire de Chicago pour investir dans la création de la société. C'est sur la ville d'Elgin que la manufacture fut implantée après que le maire ait fait accepter que la ville mette à disposition 142 000 m² de terrain pour cette installation. L'usine fut achevée et commença à tourner à plein régime en 1866.
Le personnel-clé d'Elgin fut recruté chez Waltham; il s'y ajouta des horlogers allemands et anglais attirés par des offres d'emploi très attractives.
En 1910, comme la plupart des autres manufactures américaines Elgin créa son propre observatoire le "Elgin National Watch Company Observatory" afin de disposer sur place des équipements permettant à l'entreprise de parfaire le réglage de ses montres. La seconde guerre mondiale emporte Elgin dans la fabrication de viseurs et d’instruments destinés à l'armement pour le ministère de la défense américaine. L'entreprise sera ensuite perturbée comme toute l'industrie horlogère américaine et la manufacture fermera ses portes en 1964 après avoir produit plus de la moitié de toutes les montres fabriquées aux Etats-Unis.
Pour exemple, en 1920 travaillaient quelques 4'600 collaborateurs sur 17'000 mètres carrés de surface utile; on y produisait jusqu'à 2 millions de montres par an. La tour de l'horloge de 43 mètres de hauteur était visible à des kilomètres à la ronde. Pour avoir l'heure exacte, Elgin se dota en 1910 de son propre observatoire avec lunette méridienne et deux pendules de précision Reflet. Son école d'horlogerie forma au cours des années quelque 6'000 horlogers qualifiés.
Les volumes de montres produits par Elgin sont si imposants qu'il reste de quoi assurer des services sur les montres pendant plusieurs siècles. Elgin sut puiser dans les modèles de ses concurrents ce qu'ils avaient de meilleurs et le mit à profit pour elle-même. Ainsi la réserve de marche affichée en 1935 sur les montres de poche Elgin apparait 20 ans plus tôt chez Waltham.
Elgin fit des montres pour l'armée américaine, scella des accords avec des marques Suisses pour emboîter des mouvements suisses sur le territoire américain condition de leur vente sur ces territoires et explora le marché européen. La manufacture s'illustra aussi par ses calibres B W Raymond du nom d'un des associés et fabriqua un très grand nombre de Railroad watches pour les compagnies de chemins de fer nord-américaines. On lui doit aussi des pièces pour l'aéronavale américaine.
Au-delà de cela, la manufacture Elgin produisit d'excellentes montres bracelet dont des automatiques fort appréciées et fiables. La manufacture pour ses montres de poche eut une inventivité sans limite notamment sur les raquettes de réglages. La marque fit de nombreux modèles bon marché avec un empierrement réduit qui restent aujourd'hui très fiables.
L'entreprise espérait se renflouer avec un calibre électromécanique en 1946 et s'assura la collaboration de l'entreprise française LIP. Le calibre 725 et son successeur 910 furent une source intarissable de problèmes techniques malgré des investissements énormes. Elles furent vendues en 1962 à Chicago pour tester la réaction du marché. Sur 6'000 pièces vendues sous l'appellation Lord Elgin, plus de 90% de ces montres furent retournées à l'usine vu qu'elles s'arrêtaient au moindre choc ! Et le comble, Elgin remplaça les mouvements 725 par des mouvements automatiques, importés de Suisse !
En 1966, l'usine était démolie, on fit sauter la tour de l'horloge à la dynamite. La même année, l'entreprise déposait son bilan. A l'emplacement de l'ancienne usine on trouve aujourd'hui un supermarché; seuls quelques fragments du portail principal ont été conservés sur place.
La marque s'est aujourd'hui égarée au sein d'un groupe Chinois qui produit des pièces sans véritablement de liens avec la production historique de la marque.