Née à Saint-Imier au sein de la dynastie horlogère des Jeanneret, l’« Usine du Parc » développe dès la fin du XIXᵉ siècle des montres à ancre, des chronographes et des compteurs de sport. Autour de 1890–1891, la maison dépose et exploite des brevets de chronographes 30 minutes qui assoient sa réputation et préfigurent la future marque Excelsior.
Au début du XXᵉ siècle, la direction passe à Henri Jeanneret-Brehm. L’offre se structure : Excelsior pour les compteurs, d’autres appellations de famille pour les montres compliquées. Vers la Première Guerre mondiale, l’identité Excelsior Park s’impose dans la communication et l’exportation.
Excelsior Park se spécialise dans les instruments de mesure du temps court : compteurs 30 minutes, versions décimales/centesimales, rattrapantes pour le sport, l’industrie et le laboratoire. Les cadrans adoptent précocement la signature « Excelsior Park », tandis que l’esthétique technique se fixe : lisibilité franche, aiguilles à fort contraste, échelles précises.
Côté mécaniques, les mouvements JB (Jeanneret-Brehm) et EP deviennent des références. Pour les compteurs : rattrapantes de grande taille, dont des versions emblématiques destinées aux compétitions. Pour le poignet : familles EP/JB 42, EP/JB 4 puis EP 40 (et leurs dérivés) — des chronographes à roue à colonnes, robustes, livrés en marque propre ou fournis à d’autres maisons.
Outre sa production sous son nom, Excelsior Park fournit ses ébauches et mouvements à des acteurs majeurs de l’horlogerie suisse, parmi lesquels Gallet, Zenith et Girard-Perregaux. Cette diffusion élargit la présence internationale du savoir-faire de Saint-Imier.
Après la Seconde Guerre mondiale, la maison reste un acteur central du chronographe de poignet tout en conservant une identité « sport & science » côté instruments. Parmi les pièces notables : l’Excel-O-Graph (chronographe à règle à calcul sur lunette), des déclinaisons Yachting (compte à rebours de régate) et des variantes techniques commandées par des professionnels.
La concurrence internationale, l’évolution monétaire et la montée du quartz fragilisent l’entreprise. La production cesse au début des années 1980, avec fermeture du site de Saint-Imier, puis liquidation de la société au milieu de la décennie.
Restée synonyme de précision et de compteurs de sport, Excelsior Park survit dans l’imaginaire des collectionneurs par ses mouvements à roue à colonnes, sa lisibilité sans compromis et ses cadrans techniques. Le nom renaît au début des années 2020 avec des chronographes contemporains inspirés des archives.