C’est en 1848, à La Chaux-de-Fonds, que le jeune horloger Louis Brandt installe un modeste comptoir d’horlogerie. Il assemble ses premières montres à partir de composants fournis par des artisans locaux et ses créations trouvent rapidement preneur en Europe. Après sa disparition en 1879, ses fils Louis-Paul et César modernisent l’entreprise et transfèrent la production à Bienne.
En 1894, ils mettent au point le calibre Omega 19 lignes, mouvement rationnel et précis, pensé pour l’interchangeabilité des pièces. Son succès est tel que la maison adopte en 1903 le nom Omega Watch Co. en hommage à ce calibre fondateur.
Au début du XXe siècle, Omega s’impose en chronométrie de précision. En 1932, elle devient chronométreur officiel des Jeux Olympiques de Los Angeles, partenariat qui se poursuit encore aujourd’hui. Cette expertise sportive nourrit le développement des chronographes de poignet, une spécialité d’Omega.
Dans les années 1940 et 1950, Omega produit des montres militaires robustes et affirme ses lignes civiles. La Seamaster (1948) introduit l’étanchéité au catalogue, tandis que la Speedmaster (1957), conçue pour les sports mécaniques, devient la référence des chronographes. Elle reçoit le calibre 321 (base Lemania 27 CHRO C12 à roue à colonnes) re-numéroté selon la nomenclature d’Omega.
La collaboration avec Lemania — au sein de la SSIH — est déterminante : la plupart des grands chronographes Omega des années 1940 aux années 1990 reposent sur des bases Lemania, tout en portant des numéros de calibres propres à Omega (321, puis 861 et 1861 pour les générations suivantes de Speedmaster).
En 1965, après des tests extrêmes, la NASA adopte la Speedmaster comme montre officielle. Le 21 juillet 1969, elle devient la première montre portée sur la Lune lors d’Apollo 11. La « Moonwatch » entre alors dans la légende, symbole de fiabilité et de robustesse.
Les décennies suivantes voient Omega élargir son rayonnement : la Seamaster s’impose sous l’eau et, dès 1995, devient la montre de James Bond; la Constellation brille par ses performances chronométriques; la De Ville incarne l’élégance classique. Comme toute l’horlogerie suisse, la marque traverse la crise du quartz mais préserve ses emblèmes.
En 1999, Omega inaugure l’échappement Co-Axial, inventé par George Daniels et industrialisé par la maison. En réduisant les frottements, ce système améliore la stabilité de marche et allonge les intervalles d’entretien : il devient la signature technique des mouvements modernes d’Omega.
Depuis les années 2000, Omega développe des calibres Co-Axial Master Chronometer, certifiés METAS et résistants à plus de 15 000 gauss. Cette maîtrise technique, alliée à une intégration verticale, conforte le statut de manufacture innovante. Toujours basée à Bienne au sein du Swatch Group, Omega perpétue ses icônes : Speedmaster, Seamaster, Constellation, De Ville — et écrit la suite de son histoire entre héritage horloger et innovation du XXIe siècle.