En 1894, à Locle, Numa-Émile Descombes et Ulysse Perret fondent Descombes & Perret. Après le décès de Descombes (1897), Perret s’associe avec Louis-Édouard Berthoud pour créer Perret & Berthoud. Le 2 septembre 1898, la marque Universal Watch est déposée. Rapidement, la société gagne en notoriété et s’impose sur plusieurs marchés européens.
En 1911, Georges Pellaton-Steudler fonde Martel Watch Co. au Locle puis aux Ponts-de-Martel. La maison se spécialise dans les mouvements compliqués : répétitions et chronographes. Elle fournit très tôt Universal Genève, avec notamment des chronographes monopoussoirs adaptés au poignet.
En 1929, Universal détient environ un tiers du capital de Martel, renforçant leur partenariat.
En 1932, Universal commercialise l’un des premiers chronographes à deux poussoirs, animé par le calibre 281 conçu par Martel. Suivent les modèles Compur et Compax, qui fixent les codes esthétiques et techniques du chronographe moderne. Zenith utilise également ces mouvements et adopte les mêmes appellations.
En 1935, Raoul Perret, fils du co-fondateur d’Universal, prend la direction de l’entreprise et entre la même année au conseil d’administration de Zenith, créant un triangle stratégique Universal–Martel–Zenith.
Le 31 janvier 1941, Universal inaugure une nouvelle usine aux Ponts-de-Martel pour la production de chronographes et de montres compliquées. Cette période voit naître des modèles emblématiques : Aero-Compax (mémo à 12 h), Dato-Compax (1942) et le légendaire Tri-Compax (1944).
Parallèlement, Zenith continue d’utiliser des mouvements Martel mais aussi des calibres fournis par Excelsior Park.
Au début des années 1950, Martel commercialise ses propres montres, dont la Victorious, un modèle automatique étanche avec date. Néanmoins, la manufacture reste avant tout un motoriste, alimentant Universal et Zenith.
En 1958, Zenith rachète Martel Watch. Les ateliers des Ponts-de-Martel développent alors les calibres Zenith 146, dont le célèbre 146 DP qui équipe les chronographes militaires CP-2. Cet héritage mènera directement au lancement du El Primero en 1969. L’usine des Ponts-de-Martel ferme ses portes en 1976.
En parallèle, Universal lance en 1954 la Polerouter, dessinée par Gérald Genta, équipée dès 1955 d’un mouvement à micro-rotor (calibre 215). Ce brevet (déposé en mai 1955, délivré en 1958) fait de la Polerouter une icône technique et stylistique.
En 1967, Bulova prend le contrôle d’Universal Genève. La maison propose alors des montres électroniques à diapason, dans la mouvance Accutron. Cette parenthèse dure une décennie, jusqu’à la vente d’Universal en 1977.
En 1986 (selon plusieurs sources, parfois indiqué 1989), Universal est rachetée par le groupe Stelux de Hong Kong. Les décennies suivantes voient diverses tentatives de relance, notamment pour le centenaire en 1994 et au début des années 2000.
En décembre 2023, Universal Genève est rachetée à Stelux par Partners Group/CVC, l’actionnariat derrière Breitling. L’objectif affiché est de relancer la marque en s’appuyant sur son riche héritage de chronographes, avec une stratégie de renaissance progressive annoncée pour 2026.